Le créationnisme

L’année 2009 a été l’année Calvin, mais aussi l’année Darwin ! La revue réformée publiée par la faculté libre de théologie réformée d’Aix en Provence propose un numéro titré "Genèse et évolution" en novembre 2009.

Ce numéro veut alerter ses lecteurs sur l’impossibilité d’accepter les théories scientifiques évolutionnistes ou transformistes qui sont incompatibles avec l’enseignement biblique de Genèse 1. Ces théologiens évangéliques dénoncent une "politique d’harmonisation" des textes bibliques racontant la création en 6 jours avec une théorie de l’évolution des espèces. Pour eux, l’historicité de la création biblique ne peut être contestée, la question centrale étant "que dit l’Ecriture ?"

Un des auteurs définit le "créationnisme" comme une réaction à l’oeuvre de Darwin "qui a libéré notre ancienne civilisation de l’influence du christianisme traditionnel et livré le monde entier au matérialisme athée". Le terme est utilisé par ses détracteurs, les mots "évolutionniste" et "créationniste" sont utilisés comme des armes que des adversaires se jettent à la figure. Pour les tenants d’une lecture littérale de la Bible "cette dispute a des fondements dans deux visions différentes du monde. Il s’agit du combat du matérialisme évolutionniste athée contre le spiritualisme créationniste chrétien (et aussi juif et islamique)".

La réaction à la théorie de l’évolution est double pour ces chrétiens évangéliques :
- une réaction religieuse qui défend un enseignement biblique traditionnel, et qui revendique parfois le droit pour les enfants d’étudier la Bible dans les écoles (aux Etats-Unis).
- et une réaction savante qui cherche à démontrer par des arguments scientifiques la contradiction entre les hypothèses des chercheurs évolutionnistes et d’autres données des sciences expérimentales. Certains de ces savants ont cherché à construire un modèle scientifique créationniste en lisant de manière historique les 11 premiers chapitres de la Genèse.

Cette volonté de faire coïncider les récits bibliques considérés comme historiques et les résultats scientifiques est appuyée sur une lecture littérale de la Bible. Toute autre lecture de la Bible, lecture symbolique par exemple, est "contraire à la Parole de Dieu". Tout essai d’interprétation métaphorique (les 6 jours du récit biblique ne seraient pas des jours de 24h...) conduirait à saper l’autorité de la Bible, si importante dans le monde protestant en général et évangélique en particulier. Les attaques contre l’historicité du récit de la création auraient pour eux des "effets dévastateurs" sur la foi.

Sur cette question, voir aussi la conférence de Lydia Jaeger le 28 janvier 2010 et une critique de Jean-Michel Maldamé.