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Diocèse de Valence

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L’esprit de Tibhirine

"Des hommes et des dieux", le film lumineux de Xavier Beauvois, décrit le cas de conscience de sept hommes qui ont accepté le sacrifice de leur vie par amour pour Dieu et l’Algérie en pleine guerre civile.


   

Ils s’appellent Christian, Christophe, Luc, Michel, Bruno, Célestin, Paul, puis Amédée et Jean-Pierre qui échapperont au massacre. Ce sont des « veilleurs » de l’Atlas algérien, témoins d’une présence chrétienne, respectueuse et silencieuse, en terre d’Islam. Les moines de Tibhirine crèvent l’écran d’un film rare, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, qui a obtenu le Grand prix du festival de Cannes.
Le film explore le cheminement intérieur de cette poignée d’hommes dévorés par leur amour de Dieu et de leur prochain, coincés entre leur vocation de trait d’union entre peuples et religions et une Algérie défigurée par des années de guerre civile et de terreur.
Il commence quand la communauté elle-même glisse au cœur de la tourmente. Tibhirine se trouve à quelques kilomètres de Médéa, au sud d’Alger, fief de l’islamisme, dans une montagne devenue le théâtre d’affrontements entre terroristes et forces gouvernementales. En octobre 1993, le GIA (Groupe islamique armé) menace les étrangers qui ont un mois pour décamper. Le 14 décembre suivant, douze ouvriers croates, de confession chrétienne, sont exécutés par un premier commando d’hommes armés. Ils travaillaient sur un chantier proche du monastère de Tibhirine et se joignaient, parfois, les jours de fête religieuse, à la prière des moines.
La menace se précise le 24 décembre 1993, veille de Noël, quand des hommes armés font irruption dans l’enceinte du monastère. Ils demandent à voir « le pape » des lieux. Le chef du commando, Sayah Attiya, et Christian de Chergé se font face. L’homme de prière résiste à l’arrogance de l’homme en armes : « Jamais personne n’est entré ici avec des armes. Si vous voulez discuter avec nous, entrez, mais laissez vos armes dehors. Si ce n’est pas possible, allons dehors ». Ils sortent. Les terroristes réclament une aide matérielle, des médicaments et le secours du médecin de la communauté, le frère Luc. Christian de Chergé ne cède rien, accordant juste aux visiteurs la possibilité d’être soignés par le frère médecin, non pas dans la montagne, mais au dispensaire comme tout autre habitant. Le chef rebelle finit par s’excuser d’avoir troublé la nuit de Noël : « Je ne savais pas". Et s’en va, en prévenant qu’il reviendrait.

A partir de cette scène originelle, le film se noue autour du dilemme suivant : faut-il partir ou rester ? Partir, comme les y invitent les autorités françaises et algériennes, préoccupées par la sécurité des moines. Rester, comme le leur demandent leurs voisins algériens : « Si vous partez, on ne saura pas où se poser ». Terrible cas de conscience : rester, c’est exposer sa propre vie, voire celle des autres. Partir, c’est faire le jeu de terroristes qui veulent tirer un trait définitif sur toute trace de colonisation et ajoutent, dans leur folle surenchère contre les étrangers et le pouvoir à Alger, la prétendue légitimation d’une guerre de religions. Mais pourquoi se maintenir à tout prix ? Ne vaut-il pas mieux s’effacer d’un pays qui se cherche dans la souffrance et dans la violence ? Le film de Xavier Beauvois, qui a choisi de braquer ses caméras sur les mois qui ont précédé l’enlèvement, repose tout entier sur cette tension dramatique entre la sécurité qui pousse à partir et la fidélité qui impose de rester.






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