Aujourd'hui 18 juin nous fêtons : Saint Hervé - Abbé en Bretagne (✝ 568)

Diocèse de Valence

Facebook
    Vous aimez cet article?
    Partagez le.


    Vous aimez ce site, dites le sur Facebook !
Du religieux au spirituel : une ouverture significative

Une compréhension renouvelée de la mission pastorale des aumôneries hospitalières se manifeste en particulier dans l’émergence des « besoins spirituels » distingués des « besoins religieux ».


   

Plusieurs lieux témoignent de cette émergence : la revue A.H. (publication trimestrielle de l’Aumônerie des établissements de santé), l’évolution des thèmes de formation des équipes d’aumônerie, l’écriture des finalités d’une présence d’aumônerie dans les établissements de santé qu’on peut lire dans les documents intitulés « projet du service d’aumônerie ». Cette évolution n’est pas sans lien avec celle qui a pu se vivre chez les professionnels de santé grâce, en particulier, aux soins palliatifs développés en France à partir de 1987 ; elle recoupe aussi les déplacements vécus dans nos sociétés où une revendication nette se dégage : l’homme est spirituel même s’il ne s’inscrit pas dans une appartenance religieuse ni dans la foi en Dieu. En témoigne un livre récent d’André Comte-Sponville (2006) : L’esprit de l’athéisme – Introduction à une spiritualité sans Dieu. Nous nous contenterons ici de donner quelques traces de cette ouverture majeure à travers l’approche de la revue A.H., en sachant que l’appropriation de cette réflexion se poursuit aujourd’hui encore à des rythmes différents dans les divers lieux d’aumônerie. Trois textes importants ont retenu notre attention dans deux numéros consacrés respectivement à « L’expérience spirituelle dans la maladie » (1989), et aux termes « Le spirituel, le religieux, la foi » (1997). Une évolution de pensée s’y dessine.

- Des besoins spirituels englobant les besoins religieux
Le plus ancien des articles, écrit par Christian Biot, aborde les besoins spirituels en situant le religieux comme une expression particulière des besoins spirituels. Ces derniers seraient plus englobants. Ils trouvent leurs possibilités d’expression dans « l’art, la philosophie, l’engagement politique, la religion ou la vie quotidienne ». Ces cinq portes d’entrée se recoupent autour de quatre thèmes constants intitulés : chercher l’unité de soi-même – relier et relire son existence comme une histoire – l’aménagement des relations à autrui – la manifestation de la transcendance. De plus, ces quatre thèmes sont traversés par une même dynamique, le cœur de la vie spirituelle : une démarche de maître et de démaîtrise.

Cette approche complexe rend compte des variations infinies du mot « spirituel » en fonction de la personnalité de chacun. L’un pourra privilégier la musique ou la peinture, tandis que l’autre préférera la vie quotidienne vécue en profondeur, ou l’engagement syndical. Mais cette variété n’élimine pas un certain nombre de constantes qui sont de l’ordre de la transformation personnelle visible de la part de l’entourage. Dans l’aventure spirituelle, la personne s’unifie, travaille son histoire pour y trouver sens, harmonise ses relations et s’ouvre à une certaine transcendance. Cette transformation témoigne de la fécondité du spirituel ; la liste ne peut être exhaustive. Au cœur de cette transformation, se révèle le spécifique du spirituel : un mouvement de maîtrise et de démaîtrise largement souligné par Christian Biot.






                Hébergement: C.E.F | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP