Vendredi 18 mars

La Pause Carême d’aujourd’hui nous est proposée par le P. Guillaume Teissier, vicaire général, membre de l’équipe mission du Diocèse de Valence en charge de l’année de la Miséricorde.


Méditation

Nous sommes avec Jésus dans l’affrontement. Les récits de la Passion mettent en scène une montée progressive de l’opposition entre Jésus et les autorités religieuses et politiques de son temps. Et nous savons que cela culminera dans le procès, la condamnation, la longue souffrance de la croix, et finalement la mort de Jésus.

Mais la scène qui nous occupe aujourd’hui voit Jésus au seuil d’être lapidé par les Juifs. Jésus n’est pas tant préoccupé par dire des paroles qui lui feraient échapper à la violence qui est prête à s’abattre sur lui, mais bien par rendre témoignage à la vérité. Il ne craint pas pour son corps. Il y a une sorte de paix, de stature très posée, qui se dégage de Jésus. On devine dans les paroles de Jésus la source de cette force. C’est la communion profonde qui le lie à son Père. Le Père est en moi, je suis
en lui. Par là, il révèle sa véritable identité de Fils de Dieu. Ceci est blasphème pour ses auditeurs.

Jésus renvoie les juifs au témoignage des œuvres qu’il a accomplies. Elles montrent le salut de Dieu à l’œuvre : les aveugles voient, les malades sont guéris, les pauvres sont à la première place… En Jésus, c’est le salut de Dieu qui se déploie : guérison, libération, traduisent la bonté de Dieu, sa miséricorde, son salut. Chacun est renvoyé à la source.

Et de manière très forte, le récit d’aujourd’hui se termine au Jourdain, là où Jean baptisait, là où Jésus lui-même a été baptisé, là où a retenti la voix du Père disant : Celui-ci est mon Fils bien aimé !

Dans l’adversité qui le saisit, Jésus revient à la source, et attire les hommes vers la source.
Beaucoup crurent en lui, dit l’Ev de Jean. Comment des hommes peuvent ils mettre leur foi en lui, alors qu’il entre dans la solitude de son combat final ?
Parce qu’en lui est la source de la Vie. Et il continue en cela les œuvres du Père.

L’Eglise vit avec ce programme, elle le corps du Christ qui est appelée à accomplir les œuvres du Père.
Et quand elle est, comme Jésus, dans le temps de l’épreuve, elle revient à la source et invite les hommes à vivre du Christ, de la promesse de Vie du Père. Elle a dans son cœur la même force, la même paix que Jésus, et elle passe au milieu de la mort déjà.