Aujourd'hui 29 août nous fêtons : Martyre de saint Jean Baptiste - (Ier siècle)

Diocèse de Valence

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Visages, images et mots de notre temps
   

La peinture, de Giotto au XXème siècle, illustre le développement de la civilisation occidentale et se confond en partie avec l’histoire du portrait de Léonard de Vinci, à Vélasquez et à Cézanne. Ce sont les traits du visage humain dans leur singularité qu’ont traduit les plus grands artistes. Or, le XXème siècle a brisé cette époque triomphale de la grandeur du visage humain. Deux exemples illustrent ce passage du visage magnifié au visage brisé et défiguré de Picasso à Francis Bacon. En 1935, Chagall peint “L’apparition de la famille du peintre ?. Le peintre, devant son chevalet, nous signifie que l’identité n’est pas un enfermement dans la solitude du moi. Il rêve que tous ceux qui ont compté pour lui viennent le rejoindre, non seulement Bella, mais ses parents disparus, ses frères et soeurs, le Juif avec la Thora, l’ange. C’est dans le dialogue que se construit l’identité. Mais quel bouleversement lorsqu’en 1963, Andy Warhol peint une des oeuvres les plus inoubliables de ce temps : le “Diptyque de Marilyn ?. Les cinquante portraits qui se répètent et s’évanouissent évoquent sans doute l’adieu déchirant à ce visage éblouissant. Mais il exprime surtout la destruction d’un être en tant qu’individu et sa dépersonnalisation. Le visage se fige en masque. Les images des peintres de notre temps révèlent que ce qui est en danger est le visage de l’homme.
Lorsqu’on lit les textes des penseurs d’aujourd’hui, on est frappé de voir une évolution semblable. Depuis longtemps, notre culture a mis en valeur l’intériorité de l’homme. Des penseurs illustres ont jalonné cette recherche de leurs découvertes, de Saint Augustin qui a montré que chaque être humain est doué d’une profondeur intime, celle de mon moi intérieur, jusqu’à Jean-Jacques Rousseau qui voyait dans le contact avec soi le sentiment de l’existence. Nous avons appris grâce à eux qu’au creux de chaque conscience, naissait une façon d’être humain et que “chacune de nos voix avait quelque chose de particulier à dire ? (Charles Taylor). C’est cet idéal que nous avons reçu en héritage. Nous connaissons des visages qui révèlent aujourd’hui que cet idéal est vivant et résiste à toutes les pressions du conformisme.

Nous savons, plus difficilement peut-être que les sociétés traditionnelles, forger des groupes humains harmonieux ou simplement viables. Si l’on en croit ceux qui ont réfléchi à cette question, on y décèle deux tendances lourdes. Certains parmi nous pensent que leur moi le plus authentique s’exprime le mieux lorsqu’ils se disent Basques ou Ecossais. Mon moi véritable ne s’exprimerait en vérité que dans l’assimilation au groupe. Cette découverte de soi dans l’appartenance au groupe est une des pentes de notre société et en traduit peut-être la fragilité. A titre de comparaison, il y a deux mille ans, Paul avait levé l’obstacle avec une audace étonnante : “Il n’y a plus ni Grec ni Juif, ni esclave ni homme libre. Il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ?. Une autre tentation est de rechercher dans autrui tout ce qui est identique à moi-même, analogue, et d’enfermer tout ce qui diffère dans le même. L’humanité en ressort appauvrie. Découvrir l’autre au-delà du même est sans doute une des tâches de notre temps.

Ces interrogations et ces doutes d’aujourd’hui révèlent certainement que nous sommes à la recherche de l’humain. De façon inversée, celui qui a été le chantre de la liberté, Jean-Paul Sartre, le disait en des termes que l’on voudrait définitifs. “L’inhumain, c’est la mécanique ?. Dans cette perspective, l’humain est peut-être en nous ce qui dit le non-répétitif, le singulier, le personnel, l’authentique. L’humain est ce visage avec lequel je peux dialoguer fraternellement, mais qui porte en lui cette présence mystérieuse immaîtrisable.






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