Aujourd'hui 28 février nous fêtons : Saint Auguste Chapdelaine - Missionnaire, (...)

Diocèse de Valence

[ documents ]
Téléchargez le texte du Pasteur Pasteur Roland Laipe
[ Commentaire audio ]
Ecoutez Roland Laipe
Facebook
    Vous aimez cet article?
    Partagez le.


    Vous aimez ce site, dites le sur Facebook !
Vendredi 17 mars

Cette semaine c’est Roland LAIPE, nouveau Pasteur à Valence, qui nous accompagne dans la Pause Carême



Saint Patrick
Confesseur, évêque missionnaire en Irlande (✝ 461)

   

Commentaire

Matthieu 21, 33-43 et 45-46

Si aujourd’hui, nous avons l’impression que notre monde est plus violent, ces textes de presque 2000 ans nous disent que la violence fait malheureusement partie de la vie, de l’action humaine.
Cette violence s’exerce au cœur des premières communautés chrétiennes et elle s’est également exercée contre Jésus.
Cependant cette parabole semble partager une espérance : la violence n’est pas l’horizon de la vie du croyant. Son horizon, c’est la manifestation de l’amour, par-delà la violence. Cette parabole suggère un chemin possible, malgré la violence.

La parabole des vignerons présente une attitude de Dieu face à la violence

La lecture de cette parabole montre que malgré l’opposition violente, le propriétaire ne désespère pas. Devant l’échec, il persévère. Il persévère encore et entend recevoir le fruit de la vigne.
Le propriétaire n’hésite pas à envoyer son Fils. Il croit encore que les vignerons le respecteront. Il n’envoie pas une armée pour châtier les coupables. N’importe quel tribunal aurait justifié cette vengeance.

Ainsi apparaît une autre image de Dieu, derrière la figure du propriétaire. Dieu ne répond pas par la violence. Le Dieu vengeur, tout puissant, omniprésent, révélé dans l’Ancien Testament s’efface devant un Dieu qui laisse l’homme libre de ses actes au risque de voir meurtrir, tuer d’autres hommes. Son dernier mot, ce n’est pas la mort des coupables, mais l’attribution de la vigne à d’autres. Il se révèle « faible » pour se laisser dépouiller et « fort » pour donner sa vigne à d’autres.

Aujourd’hui, ce paradoxe résonne avec la même acuité. La violence, même si elle fait des dégâts au sein de notre humanité, ne viendra pas à bout du projet de Dieu.
Le projet de Dieu, c’est de nous faire vivre ensemble, avec toutes nos particularités, avec nos faiblesses, avec nos différences.
L’homme religieux, dans son rapport avec Dieu, ne doit pas oublier que ce projet ne lui appartient pas, que les croyants ne lui appartiennent pas. Nul ne peut légitimer sa violence au nom d’une fidélité à l’Évangile. Nul ne peut légitimer une exclusion, un esclavage au nom de l’Évangile.

Combien de fois, dans l’histoire de notre humanité, le nom de Dieu a été associé à l’expression de la violence ?
Ce que Dieu lui demande, c’est de redonner les fruits qu’il a reçu. Si Dieu a porté toute son attention à son peuple, c’est qu’il attend de nous la même persévérance pour vivre de sa tendresse, de sa miséricorde.
Oui, une nuée de témoins a pris au sérieux la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Chacun à sa manière, dans le siècle où il vivait, a su traduire, trouver les mots et les actes pour porter du fruit, dénouer les situations de violence, de ségrégations : Paul, Pierre, Etienne… et plus près de nous, Martin Luther King, Mère Térésa, l’Abbé Pierre, témoins illustres ou anonymes…

Aujourd’hui, quels fruits allons-nous faire fructifier ?
Dans un monde où les fruits de la méfiance, de l’exclusion semblent goûteux pour un plus grand nombre, il nous revient d’offrir d’autres fruits à nos contemporains.
Ces fruits de l’amour qui me font considérer l’autre, comme un frère, comme le sujet de mon affection, de mon attention, même si son mode de communication n’est pas celui que j’utilise quotidiennement, même si sa manière d’être est hors norme, même si elle me fait peur parce que je ne la comprends pas…

Aujourd’hui, posons-nous cette question : qu’est-ce que Dieu attend de moi, là où je vis ?
Notre foi doit pouvoir s’enraciner dans notre vécu, dans les relations à construire, à tisser, les uns avec les autres. Notre foi n’est pas la déclamation d’un catalogue de vérités apprises, mais l’apprentissage de la déclinaison de l’Amour dans la rencontre avec les autres, tous les autres.
Malgré les difficultés, les obstacles, seul l’Amour manifesté par le Père trace le chemin d’un vivre ensemble acceptable par tous, parce que tous sont appelés à goûter les fruits de l’amour du Père.
C’est de cette espérance qu’il nous faut témoigner. C’est cette espérance qui nous a été donnée par le propriétaire, par le Dieu de Jésus-Christ, par ce Dieu qui nous laisse libre de nos actes.

N’y a-t-il pas de plus grand Amour que de s’absenter au risque de se faire presque oublier ? N’y a-t-il pas de plus grand amour que de faire confiance, que d’user de persévérance, au risque de se voir trahit ?

Roland Laipe

Lecture

« Voici l’expert en songes qui arrive ! Allons-y, tuons-le »

Lecture du livre de la Genèse 37, 3-4.12-13a.17b-28

Israël, c’est-à-dire Jacob,
aimait Joseph plus que tous ses autres enfants,
parce qu’il était le fils de sa vieillesse,
et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu’il leur préférait Joseph,
ses autres fils se mirent à détester celui-ci,
et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

Les frères de Joseph étaient allés à Sichem
faire paître le troupeau de leur père.
Israël dit à Joseph :
« Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ?
Va donc les trouver de ma part ! »
Joseph les trouva à Dotane.
Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux,
ils complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Voici l’expert en songes qui arrive !
C’est le moment, allons-y, tuons-le,
et jetons-le dans une de ces citernes.
Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré,
et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains.
Il leur dit :
« Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta :
« Ne répandez pas son sang :
jetez-le dans cette citerne du désert,
mais ne portez pas la main sur lui. »
Il voulait le sauver de leurs mains
et le ramener à son père.

Dès que Joseph eut rejoint ses frères,
ils le dépouillèrent de sa tunique,
la tunique de grand prix qu’il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne,
qui était vide et sans eau.
Ils s’assirent ensuite pour manger.
En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites
qui venait de Galaad.
Leurs chameaux étaient chargés d’aromates,
de baume et de myrrhe
qu’ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères :
« Quel profit aurions-nous à tuer notre frère
et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites
et ne portons pas la main sur lui,
car il est notre frère,
notre propre chair. »
Ses frères l’écoutèrent.
Des marchands madianites qui passaient par là
retirèrent Joseph de la citerne,
ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites,
et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

Psaume

Ps 104, 4a.5a.6, 16-17, 18-19, 20-21

R/ Souvenez-vous des merveilles
que le Seigneur a faites.

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.

On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.

Le roi ordonne qu’il soit relâché,
le maître des peuples, qu’il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens.

Évangile

« Voici l’héritier : venez ! tuons-le ! »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43.45-46

En ce temps-là,

Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.


- Au livre de la Genèse 37, 3-4.12-13a.17b-28
- Ps 104, 4a.5a.6, 16-17, 18-19, 20-21
- Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43.45-46





                Hébergement: C.E.F | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP