Aujourd'hui 21 août nous fêtons : Saint Pie X - Pape (257e) de 1903 à 1914 (✝ (...)

Diocèse de Valence

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Petite réflexion sur le baptême
   

LORSQU’ON BAPTISE un petit bébé, ce n’est évidemment pas lui qui pose un acte de foi, mais les parents. Faire baptiser son enfant, c’est proclamer sa foi en la dignité de ce nourrisson. Il est bien plus qu’un prolongement du corps de la maman, qu’un jouet aux mains d’une société de consommation ou qu’un chiffre dans les tableaux statistiques. Il est enfant de Dieu. Dans le cœur de ceux qui célèbrent le baptême, en effet, retentit cette phrase adressée par Dieu à l’enfant : « Tu es mon fils bien-aimé. En toi, j’ai mis tout mon amour » (Lc 3, 22). L’être humain n’est pas une amibe compliquée par le hasard et les lois de l’évolution, il est un fils des cieux. Et les parents s’engagent à le respecter comme tel.

Et la liberté ?
Ne brime-t-on pas la liberté de l’enfant en le baptisant si jeune ? Au contraire. On la lui donne. Les parents s’engagent dès ce jour à le traiter en personne libre et à l’éduquer dans la liberté. Il n’a pas été mis au monde pour eux, mais pour lui-même. La liberté est toujours un horizon. Il s’agit de devenir libre. Pour l’enfant, tout se jouera dans l’éducation. Dès son baptême, donc, les parents lui disent : « Nous voulons te conduire vers toujours plus de liberté parce que tu n’es pas une marionnette entre nos mains, mais tu as la dignité d’enfant de Dieu. » Et lorsque viendra l’adolescence, si les parents sont fidèles à leur promesse, le jeune ne devra pas lutter pour obtenir sa liberté, mais il la recevra comme un cadeau qui depuis longtemps lui a été fait. Un dialogue vrai, d’égal à égal, deviendra petit à petit possible. Reconnaître en son enfant un « fils des cieux », c’est reconnaître aussi une dignité égale pour tous les êtres humains et s’engager à les traiter comme on voudrait voir traité son propre enfant. Il ne s’agit évidemment pas d’en faire un petit dieu, mais de travailler à l’avènement d’une société plus juste, plus fraternelle, plus respectueuse de chaque homme. La dignité d’enfant de Dieu est le fondement même des droits de l’homme.

Plongé dans la mort et la résurrection du Christ
« Vous tous qui avez été baptisés, c’est dans la mort du Christ que vous avez été plongés  » (Rm6, 3).

Jean Baptiste avait prévenu : lui, il donnait un baptême de conversion, mais celui qui venait après lui était plus grand que lui. Il ne s’agirait plus seulement d’un baptême de conversion, mais de résurrection : être plongé dans la mort du Christ pour ressusciter avec lui. Le rite baptismal ressemble un peu à un mime. On plonge l’enfant dans l’eau, comme Jésus a été immergé dans la mort. Et puis, on l’en retire. Le troisième jour, le tombeau n’était-il pas vide ? En sortant de l’eau, c’est une résurrection que l’enfant vit. Désormais, pour lui, dans la foi, la mort est vaincue. Elle n’est plus devant, mais derrière. Au baptême, il l’a traversée avec le Christ. L’assemblée proclame sa foi : « Cet enfant est promis au Royaume de Dieu. » Grâce au Christ ressuscité, nous pouvons prendre au sérieux cette espérance d’éternité qui est au cœur de l’homme. Si la mort est déjà vaincue, on ne doit plus vivre dans la hantise de perdre sa vie. On peut se décider à aimer sans crainte et choisir de vivre à fond puisque la mort ne fait plus peur. Il n’y a de vie belle que risquée.

Entrée dans la communauté
Lorsque l’enfant est retiré de l’eau, il découvre autour de lui la communauté dont il est désormais membre. Il renaît à une vie fraternelle. La solitude est en effet l’image même de la mort, la communion, celle de la vie. Le rite du baptême est l’accueil fait par la communauté de ce nouveau-né : « Tu es des nôtres, nous voulons tisser avec toi des liens de solidarité et d’amour. » Quand un enfant naît, il choisit bien peu de choses : ni la vie, ni son sexe, ni sa langue, ni sa culture, ni son milieu… Tous ces choix ont été faits à sa place, et on estime lui offrir un beau cadeau. Si les parents sont croyants, ils font partie d’une communauté chrétienne. Cette solidarité déjà vécue par eux n’est pas non plus choisie par l’enfant. Il entre dans une famille déjà en lien avec l’Église, communauté des croyants. Cela aussi, c’est un beau cadeau. Le danger que court la famille aujourd’hui, c’est de devenir un petit cocon à l’abri d’une société difficile et froide. L’homme n’est cependant pas fait pour rester dans sa famille, mais pour la quitter et aller à la rencontre du monde. La famille est une « rampe de lancement ». Déjà au baptême, ce mouvement est amorcé. L’enfant est introduit dans une communauté plus large que la famille. Parrain et marraine, au côté des parents, resteront ce rappel de cette grande communauté au sein de laquelle il est re-né : la communauté des hommes et des femmes qui ont l’Évangile de Jésus Christ comme trésor.






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