Aujourd'hui 16 mars nous fêtons : Bienheureuse Bénédicte - Clarisse à Saint-Damien,

Diocèse de Valence

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Message de Jean-Paul II pour la Journée mondiale de la Paix
   

NE TE LAISSE PAS VAINCRE PAR LE MAL
MAIS SOIS VAINQUEUR DU MAL PAR LE BIEN

_ Au début de la nouvelle année, je viens m’adresser de nouveau aux responsables des Nations et à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, qui perçoivent combien il est nécessaire de construire la paix dans le monde. J’ai choisi comme thème pour la Journée mondiale de la Paix 2005 l’exhortation de saint Paul dans la Lettre aux Romains : "Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien" (12,21). Le mal ne se vainc pas par le mal : si l’on prend ce chemin, au lieu de vaincre le mal, on se fait vaincre par lui.

La perspective définie par le grand Apôtre met en évidence une vérité fondamentale : la paix est le résultat d’une longue et exigeante bataille, qui est gagnée quand le mal est vaincu par le bien. Face aux scénarios dramatiques d’affrontements fratricides et violents qui se déroulent en plusieurs parties du monde, face aux souffrances indicibles et aux injustices qui en résultent, le seul choix vraiment constructif est de fuir le mal avec horreur et de s’attacher au bien (cf.Rm 12,9), comme le suggère encore saint Paul.

La paix est un bien à promouvoir par le bien : elle est un bien pour les personnes, pour les familles, pour les Nations de la terre et pour l’humanité entière ; elle est donc un bien à garder et à entretenir par le choix du bien et par des actions bonnes. On comprend alors la profonde vérité d’une autre maxime de saint Paul : "Ne rendez à personne le mal pour le mal" (Rm 12,17). La seule manière de sortir du cercle vicieux du mal pour le mal, c’est d’accueillir la parole de l’Apôtre : "Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien" (Rm 12,21).

- Le mal, le bien et l’amour

Depuis les origines, l’humanité a connu la tragique expérience du mal, et elle a cherché à en trouver les racines et à en expliquer les causes. Le mal n’est pas une force anonyme qui agit dans le monde en vertu de mécanismes déterministes et impersonnels. Le mal passe par la liberté humaine. C’est justement cette faculté, qui distingue l’homme de tous les autres êtres vivants sur terre, qui est au centre du drame du mal et qui lui est constamment liée. Le mal a toujours un visage et un nom : le visage et le nom des hommes et des femmes qui le choisissent librement. L’Écriture sainte enseigne que, aux commencements de l’histoire, Adam et Ève se révoltèrent contre Dieu et qu’Abel fut tué par son frère Caïn (cf. Gn 3-4). Ce furent les premiers choix erronés, suivis d’innombrables autres au cours des siècles. Chacun d’eux porte en lui une connotation morale essentielle, qui implique une responsabilité précise de la part du sujet et qui met en cause les relations fondamentales de la personne avec Dieu, avec les autres et avec la création.

Si l’on en cherche les composantes profondes, le mal est, en définitive, un renoncement tragique aux exigences de l’amour(1). À l’inverse, le bien moral naît de l’amour, il se manifeste comme amour et il est tourné vers l’amour. Ce propos est particulièrement clair pour le chrétien, qui sait que la participation à l’unique Corps mystique du Christ le situe dans un rapport particulier non seulement avec le Seigneur, mais aussi avec ses frères. Si l’on en tire toutes les conséquences, la logique de l’amour chrétien, qui dans l’Évangile constitue le cœur en action du bien moral, va jusqu’à l’amour des ennemis : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger : s’il a soif, donne-lui à boire » (Rm 12,20).

- La "grammaire" de la loi morale universelle

Regardant la situation actuelle du monde, on ne peut que constater un déferlement impressionnant de multiples manifestations sociales et politiques du mal : du désordre social à l’anarchie et à la guerre, de l’injustice à la violence contre autrui et à sa suppression. Pour trouver son chemin entre les appels opposés du bien et du mal, il est nécessaire et urgent pour la famille humaine de mettre à profit le patrimoine commun des valeurs morales, reçu comme un don de Dieu lui-même. C’est pourquoi, à ceux qui sont déterminés à vaincre le mal par le bien, saint Paul adresse l’invitation à entretenir les attitudes nobles et désintéressées de la générosité et de la paix (cf. Rm 12,17-21).

Il y a dix ans, en parlant devant l’Assemblée générale des Nations unies de l’engagement commun au service de la paix, j’avais fait référence à la « grammaire » de la loi morale universelle(2), rappelée par l’Église dans ses multiples enseignements sur ce sujet. Inspirant des valeurs et des principes communs, cette loi unit les hommes entre eux, même dans la diversité de leurs cultures, et elle est immuable : "Elle subsiste sous le flux des idées et des mœurs et en soutient le progrès. Même si l’on renie jusqu’à ses principes, on ne peut pas la détruire ni l’enlever du cœur de l’homme. Toujours elle resurgit dans la vie des individus et des sociétés"(3).

Cette grammaire commune de la loi morale nous impose de nous engager toujours et de manière responsable pour faire en sorte que la vie des personnes et des peuples soit respectée et promue. À sa lumière, on ne peut que stigmatiser avec vigueur les maux de caractère social et politique qui affligent le monde, surtout ceux qui sont provoqués par les explosions de la violence. Dans ce contexte, comment ne pas penser au cher Continent africain, où perdurent des conflits qui ont fait et qui continuent de faire des millions de victimes ? Comment ne pas évoquer la dangereuse situation de la Palestine, la Terre de Jésus, où l’on ne parvient pas à renouer, dans la vérité et la justice, les fils de la compréhension mutuelle, cassés par un conflit nourri chaque jour de manière plus préoccupante par des attentats et des vengeances ? Et que dire du phénomène tragique de la violence terroriste, qui semble pousser le monde entier vers un avenir de peur et d’angoisse ? Enfin, comment ne pas constater avec amertume que le drame irakien se prolonge malheureusement dans des situations d’incertitude et d’insécurité pour tous ?

Afin de parvenir au bien de la paix, il faut affirmer, avec une conscience lucide, que la violence est un mal inacceptable et qu’elle ne résout jamais les problèmes. « La violence est un mensonge, car elle va à l’encontre de la vérité de notre foi, de la vérité de notre humanité. La violence détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie, la liberté des êtres humains »(4). Il est donc indispensable de promouvoir une grande opération d’éducation des consciences, qui enseigne le bien à tous, surtout aux nouvelles générations, leur ouvrant l’horizon de l’humanisme intégral et solidaire, que l’Église indique et souhaite. Sur ces bases, il est possible de donner vie à un ordre social, économique et politique qui tienne compte de la dignité, de la liberté et des droits fondamentaux de toute personne.






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