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Les vrais chiffres de l’euthanasie en france

Une enquête de l’institut national d’études démographiques (Ined) montre que les cas d’euthanasies clandestines restent marginaux en France.


   

C’est une première en France : près de 5 000 décès survenus en 2009 (sur un total d’environ 540 000) ont été étudiés à la loupe grâce à des questionnaires envoyés aux médecins qui ont rempli les certificats de décès. Les résultats apportent des éléments chiffrés au débat en cours sur la fin de vie, alors que, le 18 décembre dernier, le Pr Didier Sicard a remis au président de la République son rapport sur le sujet. « Nous avons voulu comprendre, de façon neutre, ce qui se passait en France au moment du décès », explique Sophie Pennec, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (Ined) et responsable de l’enquête. Plus que les circonstances de la mort, l’étude s’attache à décrire les décisions prises par le médecin et ses intentions dans les derniers moments de la vie.

Ainsi, dans 48 % des cas, le soignant a conscience que sa décision est susceptible d’abréger la vie du patient. Et ce, conformément à la loi Leonetti (2005) qui permet aux médecins, même si cela doit entraîner la mort, d’intensifier un traitement contre la douleur ou les symptômes de la maladie, ou de ne pas le lancer, ou d’y mettre fin. Les cas d’actes d’euthanasie - selon l’Ined, le fait de mettre fin à la vie d’une personne à sa demande - sont rares. Ils représentent 0,6 % des décès. Ce pourcentage limité d’euthanasies clandestines est à mettre en regard des demandes des patients en fin de vie. 16 % d’entre eux ont émis, à un moment ou à un autre, le souhait d’avancer leur mort, mais seulement 1,8 % ont fait une demande explicite d’euthanasie. « Cela relativise les sondages qui montrent qu’environ neuf Français sur dix sont favorables à l’euthanasie », constate Sophie Pennec. Les médecins affirment que la volonté des malades d’accélérer leur mort diminue généralement avec le traitement adapté de la douleur.

La loi Leonetti sur la fin de vie reste mal appliquée
Pour le Dr Vincent Morel, président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), ces chiffres permettent aussi de voir si les grands principes de la loi Leonetti sont respectés. Quant à la volonté du patient, bilan en mi-teinte : si le malade est apte à discuter, il est consulté dans 78 % des situations. Mais la disposition de la loi permettant aux patients de faire respecter leur volonté s’ils sont inconscients est encore trop peu mise en oeuvre. Moins de 40 % des malades en fin de vie ont désigné une personne de confiance et seulement 1,8 % ont rédigé des directives anticipées. Il reste aussi des efforts à faire en termes de « collégialité » de la prise de décision lorsque le malade est inconscient. « Le médecin ne discute pas avec la famille dans encore 4 cas sur 10, souligne le Dr Morel. Et 8 % des médecins prennent des décisions conformes à la loi mais susceptibles de hâter la mort, sans consulter les proches ni l’équipe médicale. » Il reste encore du travail pour que la loi Leonetti soit mieux connue et mieux appliquée.

Laurence Desjoyaux
Pèlerin N°6785 du 13 décembre 2012

L’euthanasie est-elle « la solution » ?
On meurt encore mal en France, mais « l’euthanasie est-elle la solution ? ».
Sa légalisation au nom de la liberté individuelle ne « résoudrait » pas la plupart des situations douloureuses de fin de vie que l’on constate malheureusement encore de nos jours. À moins de donner tout pouvoir à un corps professionnel (lequel ?) et de procurer la mort à tous ceux qui vivent dans des conditions difficiles, il y aura toujours des situations qui, adéquatement médiatisées, susciteront une émotion collective.

Nombre des personnes concernées ne sont plus en état d’exprimer leur volonté. Le professeur Puybasset fait ainsi remarquer que « le cas de Vincent Humbert ne trouverait pas d’issue dans le cadre des lois du BENELUX, dont se réclament pourtant ceux qui, en France, ont fait du jeune homme un emblème. Dans la mesure où [...] le jeune homme souffrait de très graves atteintes au cerveau, que son jugement en était altéré, aucun médecin belge respectant les textes n’aurait pu, en l’absence de directives anticipées, accéder à sa demande de mort ».

On entend dire de nos jours qu’il faut en venir à accepter l’euthanasie parce qu’augmente le nombre de personnes âgées et de malades chroniques atteints de pathologies multiples, et que ce n’est plus économiquement supportable. De tels propos ne sont plus rares aujourd’hui. Mais, dans notre pays qui garde des références morales et le souvenir de politiques abominables, personne ne plaide ouvertement pour l’élimination des plus faibles !

Documents Episcopat N°11/2012 - « Le soin des malades en fin de vie : état des lieux et questions controversées » - Publié par la Conférence des Evêques de France





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