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La Passion selon St Matthieu de Jean-Sébastien Bach

Nous vous proposons ce jour un article paru dans le Bulletin diocésain de Lille.
Après avoir rencontré un prêtre orthodoxe et un chanoine anglican, Anne-Laure de La Roncière, déléguée diocésaine pour l’unité des chrétiens (du diocèse de Lille), a demandé au pasteur Jan Albert Roetman de nous parler de cette oeuvre de Bach, à quelques jours de la Semaine sainte.


   

Bach se situe dans la tradition luthérienne de l’Allemagne, qui met l’accent sur la participation des fidèles au culte. Le chant s’y était développé comme un moyen pour l’Église rassemblée d’exprimer ses convictions et ses confessions. Non seulement la musique existe, selon Bach, pour la gloire de Dieu, mais elle est aussi une re-création du coeur, le rendant disponible pour accueillir le Christ. Sa Passion selon Matthieu fut composée pour renforcer la foi des fidèles, en les aidant à se préparer à leur propre mort.

Dans cette oeuvre minutieusement construite, le compositeur utilise plusieurs sources littéraires : chapitres 26 et 27 de l’évangile selon Matthieu, cantiques de l’Église datant du XVIe siècle et poèmes du poète allemand Picander, rédigés vers 1725. Ces trois niveaux de textes articulent l’expérience du fidèle avec la tradition de l’Église protestante et les textes de l’Évangile.

Après chaque étape narrative, un aria ou un choral ponctue le mouvement du récit biblique pour permettre aux fidèles de méditer sur ce qui vient de se passer dans la vie du Christ et d’en intérioriser les conséquences pour leur propre foi.

Ainsi "Die grosse Passion" se mue en un véritable chemin de croix, comprenant plusieurs stations de méditation. Un chemin de croix protestant, non pas rythmé par des statues et des images, mais par l’imaginaire musical de la parole, qui cherche à faire participer les fidèles au chemin de croix du Christ.

La dimension mystique du livre du Cantique des cantiques pour signifier l’union d’amour entre le Christ et les fidèles est très présente dans la Passion de Bach. Mais à la différence d’autres formes de mystique, Luther (et Bach à sa suite) a exclu la possibilité d’une union complète avec le Christ ici sur la terre. Cette union ne peut se faire que dans la mort. L’ Aria aus Liebe (par amour), situé entre deux interventions des choeurs réclamant la crucifixion, en témoigne fortement.

Jan Albert Roetman
Pasteur de l’Église protestante unie de Lille
Source : Eglise de Lille N°7 - Avril 2014






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