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Diocèse de Valence

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Des larmes aux pleurs de joie
   

Dans un sombre pessimiste s’élève la parole d’un juste, nommé le Pape François.

Désertant les apparats et les appareils si propices à l’entretien des illusions alors que l’individualisme prospère, il s’invite dans le champ de la réflexion avec une simplicité si désarmante qu’elle désarme, nous désarme.

Son propos n’est pas sévère. Il ne se met pas en dehors des situations déshumanisantes qu’il repère, moins pour dénoncer qu’énoncer l’urgence de se situer autrement dans une société dominée par des idées de puissance si prégnantes que Mammon devient subtilement invisible, fondu dans le tissu social, financier, intellectuel. Qui n’éprouve pas parfois un craquement intérieur conduisant à s’interroger : mais où allons-nous ? Le vertige des inconséquences et des inessentiels surprend. Dans un sursaut de lucidité, s’éveille la clarté d’un nécessaire changement.

Comment ne pas voir que des communautés entières sont fragilisées, sans trop s’en inquiéter, alors qu’elles portent des signes, de dramatique mémoire, tant est fort le désir de les voir disparaître … de notre vue.

La mesure des propos ne devrait-elle pas s’imposer en parlant des minorités exclues ; elle n’est même pas respectée. Les mots ne sont pas assez durs à l’égard de ceux dont la vie est saccagée.

Une voix retentit pour nous rappeler la question du Livre de l’humanité « qu’as-tu fait de ton frère ? » avec le risque d’un raidissement marquant la peur d’être dérangé : « en suis-je le gardien ? ».
Le ‘prendre soin’ ne se décrète pas, il se propose à notre liberté.

Sur l’île de Lampedusa, syndrome de tant de terres où échouent des femmes, des hommes et des enfants qui ont risqué la traversée pour fuir des pouvoirs déshumanisés ou des situations de grande misère, autre forme d’oppression, François ne tient pas de discours. Il nous dit que nous ne savons plus pleurer ; les larmes se sont asséchées comme les cœurs se sont fermés pour être habitués à la souffrance de l’autre.

La mondialisation, dit-il, est celle de l’indifférence.

Apprendre à partager est un formidable risque : il est celui de la foi. Inutile, de savoir par cœur la Parole, il s’agit de la vivre avec cœur. Alors, les frontières tombent jusqu’à s’interroger : qui est mon prochain ? La Bonne Nouvelle répond : c’est celui dont on s’approche.

Dans cette proximité, des larmes amères peuvent couler, celles de l’impuissance reconnaissant qu’il ne s’agit pas tant de faire que de se défaire de ce qui nous enferme pour rencontrer l’autre, non dans un jugement mais dans l’accueil créatif d’un autrement.

Ces larmes ne seraient-elles pas annonciatrices des pleurs, pleurs de joie pour nous trouver sur un chemin où l’autre ne m’indiffère plus. Il me permet d’exister dans une relation qui déjà porte les traces de ce matin où la pierre avait roulé.

Il est de ces larmes qui s’apparentent à la rosée du jour qui s’éveille, nous réveille.

Tribune du père Devert, prêtre lyonnais, fondateur d’Habitat et Humanisme
Source : http://www.lavie.fr






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