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Diocèse de Valence

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À Sant’Egidio, le pape François cherche à réveiller une « Europe fatiguée »

Rendant visite à la communauté fondée par Andrea Riccardi, le pape a déclaré vouloir « aider l’Europe à rajeunir, à retrouver ses racines » et à venir en aide aux migrants, ces « nouveaux Européens ».


   

Ce fut une visite comme le pape aime en faire environ chaque mois dans son diocèse un dimanche en fin d’après-midi : long bain de foule, avec un geste affectif et une attention pour chacun, puis écoute de témoignages de personnes des diverses strates composant la société – ici un jeune chômeur, un réfugié, un gitan, une personne âgée de 90 ans, une femme handicapée – avant un temps de prière.

«  L’Europe n’a pas vieilli, elle est fatiguée »
La visite que le pape François a rendue dimanche 15 juin dans le quartier romain du Trastevere auprès de la communauté de Sant’Egidio (Saint Gilles) était toutefois différente. Il se rendait dans le centre de la ville et non comme jusqu’alors à sa périphérie. En allant dans la basilique Santa Maria in Trastevere, il visitait moins une paroisse en tant que telle qu’il n’a rendu hommage à la communauté internationale de médiation pour la paix, fondée en 1968 par Andrea Riccardi, dont cette église est le coeur. Enfin, pour la première fois, il a exprimé sa perplexité à l’égard de l’Europe et son projet d’investir aussi ce sujet. Les cardinaux français Roger Etchegaray et Paul Poupard étaient présents.

« L’Europe n’a pas vieilli, non, elle est fatiguée », a-t-il commenté à propos de ce qui est surnommé le vieux continent. « Je ne sais pas quoi faire », a poursuivi le pape argentin : « Un de mes amis m’a posé une question il y a quelque temps, pourquoi je ne parle pas de l’Europe. Je lui ai fait un piège, je lui ai dit : ‘Vous avez entendu quand j’ai parlé de l’Asie ?’ » Le pape avait fait cette réponse à une question sur l’Europe dans son entretien au Corriere della Sera paru mercredi 5 mars.

« Aujourd’hui, je parle de l’Europe, a-t-il déclaré dimanche 15 juin. L’Europe est fatiguée. Nous devons l’aider à rajeunir, à retrouver ses racines. Il est vrai qu’elle a renié ses racines. Mais nous devons l’aider à les retrouver », a-t-il poursuivi sous les applaudissements, en référence implicite au débat sur les « racines chrétiennes » de l’Europe mais se gardant ici de les définir davantage.

Dialogue et identité
Un peu plus tôt, après l’angélus, le pape annonçait son premier voyage en Europe, hors d’Italie, le 21 septembre en Albanie. Dans ce petit pays pauvre des Balkans, à la périphérie du continent, les catholiques sont minoritaires et cohabitent avec les musulmans.

Il faut « dialoguer sans négocier sa propre identité », a poursuivi plus largement le pape dans son intervention devant Sant’Egidio, jugeant que « le monde étouffe sans dialogue ».

« Nouveaux Européens »
Le pape, dont le tout premier déplacement du pontificat fut sur l’île de Lampedusa, a auparavant appuyé l’accueil que la communauté d’Andrea Riccardi offre aux réfugiés : « Je vois ici aussi de nombreux ‘nouveaux Européens’, des migrants arrivant de voyages douloureux et risqués », a-t-il observé, rappelant comment « l’étranger est notre frère à connaître et aider » : « Et cela nous rajeunit ».

Des paroles prononcées alors que les élections européennes du 25 mai dernier ont enregistré une montée de partis nationalistes et ouvertement xénophobes. Interrogé le lendemain sur le populisme en Europe à son retour de Terre sainte, lundi 26 mai, le pape s’était gardé de commentaire à chaud, dépeignant surtout le fléau du chômage, notamment des jeunes, dont il s’est de nouveau indigné à Santa-Maria-in-Trastevere. Dans un entretien accordé au journal catalan « La Vanguardia », vendredi 13 juin, il avait comparé ce chômage juvénile à « une barbarie », commentant aussi les velléités de séparatismes régionaux touchant le continent européen.

« Nouveaux pauvres »
Après plus d’une heure et demie dans la basilique, où il a aussi prié avec les membres de Sant’Egidio, le pape s’est rendu à pied jusqu’à une petite église de ce vieux quartier romain qui a donné son nom à la communauté. Quittant les lieux, il a repris un instant la parole, invitant à prier pour « les peuples en guerre » mais aussi pour les « nouveaux pauvres » : « La prière est l’arme que nous avons pour toucher le cœur de Dieu ». « Priez pour moi, a-t-il lancé comme à son habitude en concluant, ajoutant : « Vous savez que mon travail est un travail insalubre, alors j’ai besoin de vos prières extraordinaires ! »

Sébastien Maillard (à Rome)
Source : http://www.la-croix.com






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