Aujourd'hui 18 octobre nous fêtons : Saint Luc - Evangéliste (Ier siècle)

Diocèse de Valence

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A Assise, le pape imprègne l’Eglise de l’esprit franciscain

Depuis la cité du Poverello, vendredi 4 octobre, le pape François a invité tous les catholiques de l’Eglise à se dépouiller de la « mondanité qui tue ».


   

A peine le pied posé à Assise, sous un ciel couvert, le pape François ne s’est pas attardé en salutations. Sa serviette noire en main, il est de suite entré dans l’Institut Serafico, un établissement pour jeunes polyhandicapés, qui l’attendaient avec le personnel en blouse blanche.

Arrivé avec un large quart d’heure d’avance – une habitude dans ses déplacements -, le pape en a profité pour s’attarder plus longuement avec les 80 enfants et jeunes qu’accueille cet institut public-privé. Caresses, baisers, signes de croix sur le front, mains serrées, il s’est montré généreux de temps et de tendresse, encourageant aussi le personnel, souvent une larme à l’œil, travaillant ici. L’institut emploie 163 personnes. Au mur, une plaque rappelait une précédente visite pontificale, celle de Jean-Paul II en 1993.

Auprès des enfants handicapés
S’asseyant pour prendre la parole, au milieu des gémissements de certains enfants handicapés, le pape s’est entièrement écarté de son discours pour improviser des mots brefs, prononcés lentement telle une méditation. « Jésus est caché derrière la simplicité et la douceur d’un pain (..) il est présent et caché » dans ces jeunes, a-t-il déclaré, invitant les chrétiens à savoir écouter et reconnaître ce que disent « les plaies de Jésus dans ces personnes ».

Avec la même profondeur de ton, par des mots prononcés lentement pour mieux en appuyer le sens, le pape François a aussi improvisé en un lieu où, comme il l’a lui-même souligné, aucun autre pontife n’était rentré avant lui : la salle de dépouillement du « Poverello » . Rencontrant ici des personnes démunies et sans travail, aidées par la Caritas, le pape a rappelé qu’ils formaient tous l’Eglise avec lui, les cardinaux et les évêques, reprenant le thème de ses actuelles audiences générales du mercredi place Saint-Pierre.

Le regard grave, visage fatigué, le pape François a surtout souligné en cet endroit la radicalité du Christ, dont il faut imiter le dépouillement et non, à l’inverse, prendre la voie de la « mondanité », mot cher à son vocabulaire : « Beaucoup voudraient un christianisme un peu plus humain, sans Jésus, sans la croix, sans le dépouillement. C’est un christianisme de pâtisserie, comme un beau gâteau. ». « L’Evangile est l’Evangile, Dieu est l’Unique et Jésus s’est fait serviteur pour nous », a rappelé le pape, citant l’Evangile selon lequel on ne peut servir à la fois Dieu et l’argent. Pour lui, la mondanité est comme « une lèpre, un cancer de la société, qui tue la personne, qui tue l’Eglise »

Se défaire de cet « esprit du monde »
Remémorant comment Saint-François avait reçu ici la « force de Dieu » de se dépouiller, le pape a demandé à toute l’Eglise d’avoir le même courage. Le dépouillement de l’Eglise signifie pour tous chrétiens - évêques, cardinaux et pape compris, a-t-il encore précisé - de se défaire de cet « esprit du monde » qu’il a opposé à l’ « esprit des Béatitudes ». « L’esprit du monde », a mis en garde le pape, « conduit à la vanité, à l’orgueil, à la puissance », devenant une forme d’ « idolâtrie ».

Ce même « esprit du monde », selon lui, conduit à notre indifférence devant les ravages du chômage, de la faim et de l’esclavage, a-t-il énuméré, dénonçant comme la veille le drame des morts à Lampedusa, dont le bilan pourrait dépasser les 300 morts. Ce 4 octobre était un jour de deuil national en Italie. Une « journée de pleurs », l’a qualifiée le pape, qui a effectué le premier déplacement de son pontificat sur cette île en juillet dernier, d’où il s’en était pris à la « mondialisation de l’indifférence ».

Pour le pape, l’Eglise ne doit pas en être complice. Son large appel au dépouillement survient au lendemain d’une réunion inédite de trois jours de son « conseil des cardinaux », cette nouvelle institution qu’il a créé en choisissant huit cardinaux à travers le monde pour réformer la curie romaine et le gouvernement de l’Eglise. Les huit cardinaux, dont celui de Boston, le capucin Sean O’Malley en robe de bure, l’accompagnaient hier à Assise. Ils se retrouveront de nouveau dès le 3 décembre pour une réunion de trois jours, suivie d’une autre en février. Un rythme qui témoigne d’une forte détermination à mener à bien des réformes dans l’Eglise.






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